Ce brave toutou dévoué à son maître mérite peut-être de meilleurs traitements ? (*)

Cooper, chien d'intervention...

Je réagis ici à la blessure du brave COOPER dans une opération de police à Marseille cette semaine, et à l’exploitation de sa blessure dans une communication qui m’interpelle.

Réagir en commentaire(*) oui, le mot est utilisé dans ses 2 sens, en effet. 🙂
Quelques questions

Qu’il me semble utile de se poser

À propos des choix des policiers

1. Lâcher le chien était il nécessaire et approprié au regard des enjeux de la situation et du rapport des forces en présence ?

1bis. Pourquoi à ce moment précis ? Pouvait-on attendre et tenter d’autres approches ?

À PROPOS DES COMPORTEMENTS DES ACTEURS DE CETTE SITUATION

2. les intervenants ont-ils fait ce que nécessaire et de droit pour protéger le chien quand l’homme a commencé à faire usage de son arme à son encontre (se référer à la définition de la légitime défense) ?

À PROPOS Des suites à donner

2bis. Si aucune action n’a été réalisée pour protéger le chien, des enseignements seront-ils tirés de cet incident qui aurait pu lui coûter la vie (à mon avis inutilement) pour éviter de les reproduire à l’avenir ?

AU SUJET DE la communication…

3. Est-ce un procédé louable, quand on fait usage d’animaux à leurs dépens, de procéder ensuite à une communication visant à obtenir l’adhésion du public en s’appuyant sur ses bons sentiments à l’égard des animaux blessés ou morts alors qu’on en est responsables ?

Quelques autres

Questions que je me pose

Un chien blessé grièvement

par les coups portés à la machette par le forcené.

Voilà tout ce qui nous est dit.

Ça ressemble à la reprise simple et facile d’un communiqué de presse ou d’une dépêche.

Comment cette information a-t-elle circulé ?

Une information est toujours un élément porté par un message que construit par quelqu’un, véhiculé par un moyen quelconque.

Une information doit toujours être liée à ces deux éléments pour avoir une qualité d’information.

Exemple, on fera facilement le distingo entre :

« Son frère ma dit que Kévin est bien rentré à l’heure de l’école. » et :

« Kévin est rentré à 17h15 de l’école, j’étais à la maison lorsqu’il est arrivé. »

Quelles sont les circonstances et faits exacts et précis ?

Dans quelles circonstances précises et dans quel contexte les faits se sont-ils déroulés ?

Quel est le déroulement des faits qui a conduit à cette blessure ? Qui a fait quoi ? Quand, comment et quel pourquoi donne-t-il à ses choix et ses actions ?

L’ignorance mène à des conclusions hâtives ou à des interprétations et réactions erronées. Il est donc important de mener une enquête scrupuleuse sur les faits et de les exposer le plus fidèlement possible.

LES DÉCISIONS PRISES L'ONT-ELLES ÉTÉ À PROPOS ?

Les décisions de stratégie et au delà, les commandements donnés au chien ont-ils été « à propos » ?

Pourquoi le chien n’a-t-il pas attaqué la main portant l’arme à feu (chose que j’ai déjà remarqué dans des reportages sur le sujet, c’est une volonté délibérée éducateurs) ?

Quels sont les pratiques enseignées lors des apprentissages menés par les responsables de cet animal dont on se sert = qui fait ce qu’on l’a conditionné à faire, ou ce qu’on lui indique de faire ? Sont-elles les plus pertinentes ?

Est-ce une bonne pratique de se servir d'un chien ?

Si je suis parmi des intervenants de police super équipés et entraînés,  en nombre, et face à un forcené esseulé, est-ce une bonne pratique que de se servir de mon chien ?

Quand le chien est blessé, est-ce une bonne pratique de s’en servir pour communiquer ? Pourquoi ne communique-t-on pas plus lorsque le chien réussit et sert de manière pertinente et distinctive ?

Tout ceci pour développer

conscience et clairvoyance

Dans le but d’améliorer nos lois, nos pensées, nos pratiques…

Il s’agit, en toute maîtrise, en nous servant de nos capacités cognitives et réflexives, d’élever le niveau de conscience et de clairvoyance de chacun.

Construire ensemble un monde meilleur pour tous.

Tous et toutes, chien et humains, dans ce cas précis.

Je ne suis pas intimement convaincu, pour ma part,
et pour le moment, eu égard à ma connaissance des faits,
que le meilleur a été fait.

Bien entendu, je ne suis ni acteur ni décideur ni partie civile dans cette situation.

Je dois faire confiance à ceux dont c’est la tâche pour faire ce qu’ils ont à faire.

Et faire, moi, ce que j’ai à faire dans la limite de mes prérogatives et responsabilités.

C’est déjà pas mal, si chacun·e d’entre nous s’y attache avec la même attention et accuité.

« Je prends le temps de

réfléchir et de peser pour mieux construire. »

Maj Majest, Ma profession de foi